Manou Gallo

Le 31 août 1972 : Manou naît à Divo, le jour même où son arrière grand-mère décède après lui avoir transmis en songe le don de battre les tambours parleurs.
Divo. Une petite ville, au Centre Ouest de la Côte d’Ivoire, berceau des racines du peuple Djiboi. C’est là que Manou Gallo naît le 31 août 1972. La petite fille fait très vite preuve d’une personnalité forte et autonome.
C’est la tradition en Côte d’Ivoire de faire de la musique, à l’occasion d’un enterrement, d’une naissance, pour célébrer la venue de jumeaux, mais aussi pour chaque petit événement de la vie quotidienne : à Divo, ce sont les rythmes traditionnels Djiboi qui ponctuent l’existence. Dureté économique, mais profondeur de la chaleur humaine !

1980 : Pour la première fois en public, lors d’un enterrement, Manou crée la stupéfaction en jouant du tambour parleur (le destin est au rendez-vous…). Un enterrement, un percussionniste qui n’arrive pas. Le destin, lui, est au rendez-vous : Manou, traînant derrière elle un petit tabouret, s’avance vers les énormes tambours parleurs (Atoumgblan en langue dida, dialecte Djiboi). Elle se hisse à la hauteur de la peau tendue et se met à battre, comme habitée par le rythme. Au coeur du village Bada, la partie la plus ancienne de Divo, où la tradition est restée la plus vive, c’est la stupéfaction. "Tout le monde était étonné, choqué même car les femmes n’ont pas le droit de toucher ces tambours. On me prenait pour une petite sorcière.
Quand, à 8 ans, je m’installe pour jouer du tambour lors de cette cérémonie, je sens la force de mes ancêtres guider mes doigts."
Chaque été, en Côte d’Ivoire, des rencontres rassemblent des participants venus des quatre coins du pays. En 84, alors qu’elle a 12 ans, Manou participe à son premier spectacle. C’est la première fois qu’elle quitte Divo. La représentation, montée avec d’autres enfants de la petite ville, s’inspire de sa propre histoire : la vie de cette petite sorcière qui reçoit le pouvoir de jouer du tambour. La pièce fait un véritable tabac. Chaque fois que Manou se produit sur scène, l’étonnement et l’admiration sont au rendez-vous. À Divo, régulièrement, le maire la convoque quand il a des invités. "Joue, Manou, joue et donne-toi à fond". Et Manou donne tout ce qu’elle a dans les tripes.

1985 : Manou Gallo intègre le groupe Woya qui connaîtra un grand succès en Afrique de l’Ouest. Elle y rencontre Marcelin Yacé, son père spirituel. À l’époque, le fils du maire s’occupe d’un groupe de musique ivoirienne, le groupe "Woya". Les musiciens, originaires d’Abidjan, venus s’installer à Divo, font la démonstration que l’on peut jouer de la musique et cultiver la terre. Le but : encourager le retour des jeunes vers les campagnes. "En 85, on me demande si je veux faire partie de "Woya". J’étais la petite qui entamait le concert avec les tambours parleurs. Ensuite, je me contentais de taper sur une cloche tout au long du spectacle. Mais c’est là que j’ai découvert les instruments modernes : la batterie, la basse, la guitare, en compagnie de celui qui deviendra mon père spirituel et qui jouera un rôle déterminant dans ma vie  : Marcelin Yacé, musicien et chef d’orchestre du groupe."
Très vite, Woya devient célèbre dans toute l’Afrique de l’Ouest. De 85 à 89, le groupe fait de nombreuses tournées (au Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin) et enregistre quatre albums. Quand le groupe Woya met fin à sa carrière, la jeune fille suit Marcelin Yacé à Abidjan. Il la prend sous son aile, lui offre sa première basse et l’initie aux prises de son dans son studio pendant trois ans. "Je ne pensais qu’à la musique. Je n’avais qu’un seul but : devenir musicienne à part entière et j’y mettais toute mon énergie."

1993 : Pendant trois ans, Manou va parfaire ses connaissances des arts de la scène au village panafricain de Ki-Yi-Mbock. De 1993 à 1996, elle rejoint le village panafricain de Ki-Yi-Mbock, où elle intègre la troupe de théâtre, s’initie à la danse et participe à l’enregistrement d’un nouveau CD produit par Ray Lema. En 1992, lors du MASA à Abidjan, le marché international qui présente les créations artistiques de toute l’Afrique, Manou rencontre Michel De Bock, tour manager et éclairagiste du groupe Zap Mama.

BRUXELLES, NEW YORK, PÉKIN, DIVO
3 janvier 1997
 : Manou débarque à Bruxelles pour passer une audition. Après trois jours d’essai, elle est engagée comme bassiste de Zap Mama.
Marie Daulne, leader des Zap Mama, recherche un bassiste pour son groupe, Michel pense immédiatement à la jeune ivoirienne. Manou Gallo débarque le 3 janvier 1997 à 8h du mat sur le tarmac de Zaventem avec sa basse et son djembé. La partie n’est pas gagnée, Marie Daulne revient d’Indonésie et a déjà des vues sur un musicien. « L’arrivée à Bruxelles m’a causé un choc. Un choc thermique. Car il neigeait. Je suis arrivée à la répétition, morte de froid, accrochée à ma basse et au radiateur, mais je savais que c’était une opportunité qui ne se représenterait sans doute pas deux fois. Je connaissais déjà la musique du groupe, je devais vraiment me donner à fond. »
Pendant Trois jours Manou passe de la basse à la batterie et au djembé. Elle chante, elle danse pour se réchauffer et après ces trois jours, son pari est gagné : Marie et les autres membres du groupe lui souhaitent bienvenue chez Zap Mama. Cette année-là, avec son premier salaire, Manou s’offre son cadeau de Nouvel an avec quelques semaines de retard : une guitare basse flambant neuve.
Depuis six ans maintenant, Manou Gallo est de toutes les tournées, parcourant le monde pour jouer la musique des Zap. En 1999, elle rejoint, pour quelques concerts, les Tambours de Brazza, où elle est la seule fille. "Ici, en Europe, j’ai appris l’ouverture, les mélanges de cultures et de musiques." Basée à Bruxelles, elle aime la diversité de cette ville métissée. Mais, tout au fond d’elle, Manou a toujours une petite musique dans la tête, venue en direct de Divo. "Quand je rentre au pays, je retrouve les couleurs des sons et des rythmes qui m’ont bercée durant toute mon enfance." C’est sans doute ce qui l’a poussée à écrire ses propres textes, mêlant français, anglais et langue dida pour dire les choses comme elles viennent, ou pour s’insurger. Ces textes, elle les décline sur une musique qui l’habite depuis toujours, mais à laquelle elle a rajouté les influences récoltées tout au long du chemin.

2001 : À 28 ans, la jeune artiste crée son propre groupe : Manou Gallo et le Djiboi.

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