Luke Mayer alias Captain Luke, est un artiste du label américain Music Maker, cette fondation qui s’est mise au service des vieux bluesmen du Sud dans la précarité et que soutiennent nombres de stars du Blues et du Rock.

La voix de baryton de Captain Luke est un don du ciel. Beaucoup l’ont remarquée tout de suite dans les deux compilations Music Maker publiées par Dixiefrog.

Captain Luke est né en 1926 à Greenville, en Caroline du Sud. Il grandit dans la ferme de ses grandsparents. Il marche pieds-nus derrière la charrue, dans les sillons que trace son oncle Jesse, l’écoutant chanter pour son mulet.

A quatorze ans, il part s’installer à Winston-Salem en compagnie de sa mère et de sa soeur et il doit quitter l’école pour travailler. A dix-sept ans, il trouve un emploi chez LaSalle Bell, un ferrailleur, qui lui impose de porter de lourds blocs-moteurs jusqu’au camion sans pause et sans plainte. Luke travaille en chantant les chansons qu’il entend à la radio, un éventail qui va du swing à la country.

Il prend l’habitude de chanter les parties basses dans l’église locale puis, accompagné d’instrumentistes divers selon l’occasion, Luke sillonne les alentours de Winston, et chante dans les « drink-houses », petits bars privés, véritables sièges de la vie sociale de la communauté afro-américaine de la région du Piedmont de la Caroline du Nord.

Une rencontre fortuite avec Guitar Gabriel au début des années 70 donne lieu à une association de longue durée. Gabe est un maître du country blues, un style musical qui colle parfaitement avec la voix de Luke. Les deux hommes deviennent une partie intégrante de la scène des drink-houses.

Dans le cadre de sa collaboration avec le guitariste John Ferguson, Luke explore la très large palette de ses racines rurales blues et country jusqu’à leurs manifestations contemporaines, teintées de pop. De la contine primitive, Old Black Buck, aux blues de Guitar Gabriel, en passant par le rhythm‘n’blues de Joe Simon et les chansons sentimentales de Billy Eckstein et de Brook Benton, la voix grave de Luke, et son timbre inimitable, nous emmène dans un univers musical riche, chaleureux, teinté d’humour et de romantisme, une sorte de concert onirique dans lequel Lightin’ Hopkins chanterait en duo avec Dean Martin !

“Every note he sings is a hot chocolate note”, Taj Mahal

Discographie